Les rêves éphémères et cartonnés d’Olivier Grossetête

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Crédit photo : David Gallard

Les rêves éphémères et cartonnés d’Olivier Grossetête     

Dans le cadre de la semaine de la parentalité, du 15 au 20 mai, COTELUB offre l'opportunité à l’artiste Olivier Grossetête de créer une œuvre monumentale, participative et éphémère à la Tour d’Aigues. L’occasion d’en savoir plus sur ce plasticien de 44 ans, qui aime faire partager ses rêves, empreint de cartons et de poésie.

1000, c’est le nombre de cartons dont Olivier Grossetête va avoir besoin pour sa prochaine création, à La Tour d’Aigues, le 20 mai. Pour le reste, suspense. Les habitants du territoire devront attendre pour connaître la suite. Enfin, pas tout le monde, car l’artiste organisera des ateliers participatifs les quatre jours précédents l’événement. En effet, Olivier ne travaille pas tout seul : « je souhaite faire vivre une expérience artistique, sociale et collective car on ne rencontre réellement les gens qu’en créant, estime-t-il. L’autre but est d’amener le spectateur vers le rêve, vers le jeu. »

Mais alors, comment ça marche ? Pendant quatre jours, à raison de deux ateliers par jour, la population est incitée à former et préparer des éléments complexes de la structure finale (arches, toit, portes…). Il faut tailler des cartons, en faire des morceaux et ensuite commencer à les assembler. Le jour J, « tout le monde peut donner un coup de main. On donne du scotch, on conseille, on aide à assembler. Les gens trouvent leur place par eux-mêmesÇa se fait naturellement. Le but, c’est de créer un joyeux bazar, mais qui marche ! »

Qui est-il ? « Un plasticien qui crée des situations, en installant des œuvres monumentales participatives en carton », voilà comment se définit cet artiste parisien, installé à Marseille depuis plus de 15 ans. Formé aux Beaux-arts de Valence, il décide à la fin des années 90 d’écrire 6000 fois la phrase « C’est du travail » sur des feuilles A4. Il regroupe ensuite ses 6000 pages et décide de les placer dans des sacs en plastique. Un poil provocateur, il installe le tout devant l’hôtel des impôts de Valence…le dernier jour de déclaration des impôts. Le résultat ? Un vrai succès populaire. Olivier Grossetête se souvient : « Plein de gens sont venus poser des questions. C’était l’occasion de parler d’art mais aussi de la répartition des richesses. » Tout a été enlevé par la suite, mais on parle de lui dans le Dauphiné Libéré du lendemain. Pari réussi.

À la même période, à la mairie de Valence, il se permet de rajouter des petites tours en carton au bâtiment. Alors qu’il s’était préparé dans son coin et qu’il pensait juste réaliser l’installation avec le concours de quelques amis, il observe que les gens sont souvent fascinés, puis viennent spontanément l’aider. L’aspect participatif de ses créations semble alors naturel…pour quasiment tout le monde.  « Après trois heures d’installation, la BAC a débarqué. C’était drôle de les voir gesticuler dans ce grand bazar. Mais ce qui m’a surpris, c’est qu’ils n‘ont pas tout viré tout de suite. Ils ont attendu un peu. »

Ces œuvres finissent toujours par disparaitre. Un côté éphémère que le plasticien revendique : « je veux mettre en avant l’acte de créer lui-même et éviter la marchandisation de l’art. On crée et on passe à autre chose. » Un précepte qu’il applique à sa carrière. Après avoir travaillé dans le monde entier et installé une structure de plus de 25 mètres de haut (en Hollande) ou encore un pont de 15 mètres de long porté par des ballons gonflés à l’hélium (à Villeneuve lez Avignon), il enchaine sans cesse avec de nouveaux projets. A son actif, plus de 200 créations. Une trentaine sont prévues cette année. Olivier Grossetête donne rendez-vous à toute la population du territoire le 20 mai pour « vivre une expérience unique, où l’on se rend compte de la force de l’union. Les morceaux de créations monumentales semblent parfois trop difficiles à soulever. Mais on se rend vite compte que tous ensemble, ça marche. »    

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