Le cinéma itinérant arrive bientôt sur le territoire

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Créée en 2013 à Cucuron, l’association Basilic Diffusion assure la gestion, la programmation et la communication du cinéma Le Cigalon en lien avec le tissu associatif du Sud Luberon. En marge de la diffusion de films sur place, elle déploiera en 2019 un cinéma itinérant sur l’ensemble du territoire de COTELUB. Interview du président de l’association, Jean Pierre Cendron.

Comment est venue l’idée de ce cinéma itinérant ?   
Quand l’association a repris les commandes du cinéma le Cigalon. En 2014-2015, il y a une expérimentation qui a été menée à la Tour d’Aigues pour voir qui était intéressé par ce type d’animation culturelle qui a connu beaucoup de succès.  En parlant avec les habitants, on a dressé un constat : de nombreuses personnes ne peuvent venir à Cucuron au cinéma à cause de nombreuses raisons, comme faire de la route la nuit, les frais de déplacement ou encore les pensionnaires des maisons de retraite qui ne peuvent se déplacer facilement. On a donc eu un débat avec COTELUB et, en échange de leur soutien financier au cinéma de Cucuron, on a décidé d’élargir notre sphère d’activité à l’ensemble des villages de COTELUB.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le financement de ce projet ?
Pour le cinéma itinérant, notre difficulté était d’acheter du matériel qui puisse voyager, ainsi qu’une camionnette pour le transporter.  Résultat, on était sur un investissement de 80 000 euros.  On a réussi à obtenir plusieurs sources de financement. L’association prend en charge 10% et la fondation RTE finance l’achat des écrans. Plus important,  le programme européen Leader qui coordonne et apporte un complément au soutien de le Région, du département et COTELUB. Le tout représente près de 60 000 euros. C’est essentiel pour nous d’obtenir cet apport.

Quand est-ce que ce cinéma se lance sur le territoire ?
Il reste encore quelques étapes administratives mais on devrait démarrer en février 2019. Le principe du cinéma itinérant, c’est une camionnette qui vient avec un projecteur, un écran etc, et qui s’installe dans une salle municipale. Le problème est que ces salles peuvent être déjà très occupées.  Donc là on est en train de négocier avec les maires un calendrier pour fixer des soirs où on pourra projeter dans les villages. ça avance. Toutes les communes possèdent des salles. On sait déjà qu’il y a même des communes qui ont proposé à leurs habitants de faire la première séance gratuite. En tout cas, peu importe l’endroit, il y aura toujours tout l’équipement technique pour proposer une projection de bonne qualité.  Je précise d’ailleurs que cette projection reprendra la programmation du Cigalon.

Combien de fois venez-vous sur place?
Pendant les 6 premiers mois de fonctionnement, on a prévu de venir une soirée par mois.  Peut être que dans les plus grandes communes, il y aura une soirée tous les 15 jours. On compte ensuite élargir aux scolaires. On proposera de venir l’après-midi faire une projection pour eux, et le soir une séance pour la population. Enfin, on imagine aussi venir projeter dans des maisons de retraite des films adaptés à ce type de public.

Comment l’année 2018 s’est déroulée pour Le Cigalon?
Cette année, le cinéma a fait son record d’entrées avec 23 000 tickets vendus. C’est 9% de mieux que l’année dernière. C’est d’autant plus remarquable que la tendance nationale cette année est à la baisse, avec 4,5% de fréquentation en moins, et que nous proposons une programmation plutôt d’art et essai.

Pour terminer, pouvez-vous nous parler du label « espace de vie sociale » ?
C’est un programme de la CAF, qui propose des fonds sociaux destinés à favoriser notamment les liens entre les villages, génération,  familles etc. On a contacté la CAF pour les avertir qu’on avait déjà des programmes d’éducation à l’image en direction des jeunes de Cucuron. On a donc demandé ce label. Cela se passe en 2 temps. Il y a d’abord un premier financement pour, ce qu’ils nomment, une année de préfiguration qui permet de démarrer le projet de manière détaillée. Si ça se passe bien à la fin de l’année, ils nous financent pour 3 ans supplémentaires. Cette aide nous donnerait une vraie stabilité sur 3 ans,  c’est important pour nous.    

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